VOYAGE AU CANADA

Voyage sac à dos. Nous ferons toutes les connexions de Toronto à Ottawa et de Ottawa à Montréal en bus. Nous arrivons à Toronto à 21h30 heure locale, 3 heures du matin pour Paris. Ca pique un peu. on prend un taxi, comptez 75 dollars. Notre hôtel est Downtown entre Little india et High Park. La première impression ce sont ces gratte-ciels, il y en a 80 de plus de 150 mètres de haut. L’architecte Frank Gehry va signer son plus haut gratte-ciel de plus de 300 m baptisé Forma Condo. Il sera terminé en 2028.

TORONTO

C’est la 3ème ville d’Amérique du nord avec 3 millions d’habitants. Plus de 9 millions de personnes vivent autour du lac Ontario. Une population diversifiée avec des immigrants du monde entier. 160 langues différentes sont parlées à Toronto. Cette ville est devenue un important site de production cinématographique et télévisuelle. C’est le centre des médias nationaux du Canada.

43 millions de touristes /an. Toronto est la plus grande technopole d’Amérique septentrionale après la Silicon Valley et New-York. Toronto est un plateau jalonné de rivières, de ravins et de forêts. Les îles Toronto et la partie portuaire de la ville s’étendent vers l’intérieur du lac. C’est une protection pour la ville. Le climat est continental humide. Le plus froid en hiver est – 3° et 20 à 22° en été.

Il y a une harmonie dans l’architecture. Ici on entre dans un hall où les anciennes façades ont été conservées. Des vitrines qui vantent le sport national : le hockey !

C’est une ville étrangement calme. Vers 14heures nous constaterons un peu plus de trafic mais à 8 heures du matin, pas de bouchon et peu de voitures. Ces dernières sont à majorité électriques. Nous partons vers The Royal Ontario Museum. Un musée melting pot avec des Collections de mobilier, une Salle Asie et Afrique et une salle Europe. Un étage tout entier consacré aux dinosaures et partout des classes de Collégiens chargés de résoudre des questions posées par leurs enseignants. Il règne une douce atmosphère et nous voyons une immense salle transformée en crèche avec des petits qui s’exercent à des tonnes de jeu. Nous croisons des écureuils noirs dans le parc. Nous partons déjeuner dans un Whole Food, une valeur sûre. Nos supermarchés ont encore beaucoup de travail pour rivaliser avec ces lieux conviviaux qui offrent en plus des produits, une cuisine ultra saine et variée pour les lunchs, un endroit convivial pour déjeuner et une bonne ambiance de détente.

Nous changeons notre itinéraire et parcourons 16 kilomètres pour notre premier jour. Une ville variée, nous faisons un stop dans une patinoire en centre ville, nous testons les canoës et même un canapé en sculpture. Une voiture qui sort d’un mur, des maisons anciennes adossées à des buildings très harmonieux. Cette ville de Toronto a un charme fou.

Nous passons devant Campbell House et allons visiter ce petit musée. Nous sommes accueillis par une femme descendante du fondateur de cette maison qui a une histoire particulière. C ‘est la plus ancienne maison en briques de Toronto de 1822. C’est Lord Campbell un avocat qui fit construire cette maison sur Adélaïde street. Jusqu’au 19ème siècle cette maison appartenait aux descendants du Fondateur. En 1972 les derniers propritaires qui étaient des hommes d’affaires décidèrent de démolir cette maison. Le quartier se transformait et il y avait des buildings qui se construisaient partout. Certains avocats menèrent une campagne auprès du public et des institutions pour sauver cette maison. Le propriétaire d’un building, une compagnie d’assurances, en centre ville qui avait un terrain devant son building , proposa d’offrir ce terrain. La municipalité favorisa le déplacement de la maison à 1,5 kilomètres . Des Trucks portèrent 300 tonnes et déplacèrent la maison. Vous pouvez voir le film de cet incroyable déplacement sur YouTube en tapant Campbell House Move 1972. On visite cette maison qui est aujourd’hui un lieu qui se loue pour des soirées événementielles et des cours de cuisine au sous-sol dans une cuisine qui n’existait pas à cet endroit là. Le déplacement a permis de créer un complet sous-sol.  » You give what you want », c’est ainsi que vous êtes accueillis. Une visite intéressante et très chaleureuse.

TORONTO BY NIGHT

Nous partons au théâtre à 19 heures pour la comédie musicale Moulin rouge. Public transgénérationnel, pas de dress code…De la doudoune et timberland à la robe longue avec sandales ! on prend un verre avant dans le foyer…On mange…On emporte sa bière… Il est 3 heures du matin pour nous et le décalage horaire se fait sentir. On n’accroche pas du tout. Les chansons d’Elton Jones, Madonna …On est très loin de Mistinguet, de Montmartre, des petites femmes de Paris. La fatigue + le désintérêt = nous partons à l’entracte !

NIAGARA FALLS

Ces chutes du Niagara sont à 120 kilomètres de Toronto. Ici on parle bien en kilomètres et non en miles. Le départ est à 8 heures du matin. Les canadiens démarrent leur journée de travail à 8 heures jusqu’à 16 heures. Il fait encore nuit. Pas grand chose à dire sur la route qui ne présente pas beaucoup d’intérêt.

Il y a 3 chutes sur la rivière Niagara et si l’une d’elle se situe aux Etats-Unis, les vues sont exclusivement du côté canadien. Elles font 57 mètres de haut, ce sont les chutes les plus puissantes d’Amérique du nord avec un débit en hiver de 2500 m3 /seconde contre 5300 m3/seconde en été.

Elles se sont formées il y a 30 000 à 50 000 ans. C’est le Père Jérôme Lalemant qui les décrit en premier. Le cartographe Guillaume Delisle compile les renseignements fournis par de Champlain et Cartier.

Les chutes se sont arrêtées 1 fois le 29 mars 1848. Un bouchon s’était formé avec la glace à l’embouchure de la rivière et empêchait les eaux de descendre.

Des téléphériques espagnols construits en 1916 permettent des passages derrière les chutes.

Si la vue est grandiose, le bruit assourdissant et la puissance de la nature impressionnante, les alentours sont très moches. Les Canadiens ont appliqué les leçons américaines du marketing et c’est Las Vegas ! (version minimaliste canadienne)

12 millions de visiteurs/an, soit 1 million de plus que Notre-Dame, le premier monument Européen visité chaque année. Des hôtels, des motels, des attractions, des restaurants sans âme, des prix prohibitifs !

Nous goûterons nos sucettes au sirop d’érable, rirons des premières neiges et marcherons 8 kilomètres dans le vent et le brouillard.

Aujourd’hui nous arpentons la ville. Nous allons marcher pendant 18 kilomètres, par une journée ensoleillée, il fait -2°. Nous remontons au nord vers Little Italy. Nous faisons un stop dans un parc de 14 hectares. C’est là quand Toronto s’appelait York qu’un Collège fut construit. Il ne reste que le portail. Une fois passé le centre des affaires et ces superbes buildings, Toronto est une succession de rues aux petites maisons. Nous déjeunons à « La Terraze » côtée 4, 8/5 sur Trip Advisor et c’est justifié. Les Torontois sont très accueillants : » Nice to meet you, it’s a pleasure…Have a good day…Best time for you… ». Nous faisons un stop dans la rue des graffitis, un peu décevante et nous partons vers Chinatown. Sur le chemin, quelques boutiques sympa et un coin très Bobo, Bohème chic !

Nous arrivons vers le musée Art Gallery de Toronto. C’est un magnifique bâtiment mais les salles sont surprenantes, les oeuvres sont présentées en fonction des Collections des donateurs. C’est très disparate. Quelques oeuvres contemporaines intéressantes… et un Boudin, un Picasso, quelques Manet, Renoir, Sisley et Dufy. Nous longeons la gare et retrouvons notre hôtel Executive Hotel et notre chambre au 26e étage avec une vue fabuleuse sur la tour CN. C’est ce qu’ils appellent un appart hôtel, il y a une cuisine mais la chambre est faite chaque jour et chocolat, boissons et eau minérale sont rechargés chaque jour.

Nous partons pour le match de Basket les Nets de Brooklyn contre les Raptors de Toronto. On nous distribue des T-shirts aux couleurs des Raptors. Les gens arrivent souvent en retard et avec des boissons ou carrément un plateau de nourriture. Dans un pays plein de fast food et où on mange en permanence, il n’y a pas de gens vraiment en surpoids contrairement aux Etats-Unis.

C’est une ambiance fabuleuse. Les 1/4 de temps sont entrecoupés de shows des Pom pom girls, de la mascotte, des danseurs.  » Make noise » est recommandé ! Nous crions comme les autres : « Let’s go the raptors » ou « Defends »…Ils perdront 94 à 100. Dommage !!! C’était génial. J’ai adoré l’ambiance, la musique, l’écran géant où on suit parfaitement les joueurs, le stade…Il est 4 heures du matin à Paris, même pas sommeil !!!

OTTAWA

C’est la capitale du Canada. 1 million d’habitants et une agglomération de 1,5 millions d’habitants. Elle accueille les institutions du pays. Il y a un nombre important de Collèges et d’universités. 11 millions de touristes/an. Un incendie en 1916 qui détruisit tous les bâtiments sauf la bibliothèque. Il faudra 4 ans pour tout rebâtir. Il peut faire jusqu’à -10° en hiver et 21° en été. C’est un climat continental. On peut visiter de nombreux musées et la promenade Sussex, résidence du Premier Ministre. Paul Anka auteur compositeur et mondialement connu pour sa chanson My Way est originaire de cette ville comme de nombreuses personnalités et écrivains. Ottawa est jumelée avec Catane en Italie, Le Caire en Egypte, Pékin en Chine et Campobasso en Italie.

Après 5 heures de bus durant lesquelles nous avons dormi, à nous Ottawa !

Il fait – 12° mais un magnifique soleil.

Nous partons sur « la colline parlementaire » qui compte les 3 chambres : le Sénat, la Chambre des communes et le Parlement. Ce sont des bâtiments magnifiques inspirés des châteaux Elisabetins et des châteaux de la Loire. Le Parlement a déménagé en 2019 dans une gare de triage à proximité et jusqu’à 2032 , fin des travaux de rénovation de son édifice d’origine.

Nous visitons le Sénat. Il y a 105 sénateurs. L’Ontario et le Québec compte pour chaque province, 24 sénateurs. Les territoires les moins peuplés comptent 1 sénateur. C’est une femme qui préside le Sénat : Raymonde Gagné. Derrière son siège il y a 2 sièges pour les monarques anglais c’est à dire Charles III et sa femme Camilla. A l’entrée du Sénat, on trouve des tableaux des rois français quand le Canada était français. J’ai choisi Louis XIV qui jouxte Elisabeth II.

Nous marchons jusqu’au Musée des Beaux Arts. Devant le bâtiment, il y a une immense araignée de l’artiste Louise Bourgeois. C’est un musée extraordinaire. Les oeuvres sont remarquablement exposées. Nous découvrons des tableaux de Chagall, Matisse, Dufy, Cézanne, Sisley et 2 magnifiques bouquets de Van Gogh. Une sculpture de tête de Rodin et de nombreux peintres canadiens. Un mini cloître a été créé au milieu du musée et surtout on admire une vue splendide en permanence de la Colline Parlementaire. Chaque oeuvre est commentée . Nous nous régalons.

Nous prenons le Boulevard de la Confédération qui est bordé de nombreuses ambassades.

Pour le déjeuner nous optons pour un barbecue japonais. Le restaurant est plein . Ce sont des formules à volonté. Le restaurant est côté 4,8/5 et c’est amplement mérité.

Départ pour la promenade Rideau le long du canal gelé. Ce canal est classé Patrimoine de l’UNESCO. Un canal construit de 1826 à 1832. 1000 ouvriers y périrent et il y a une croix celtique qui commémore ces décès. Il fait très froid mais très beau et cette promenade de 7,5 kilomètres est superbe. Nous arrivons dans le quartier The Glebe après avoir traversé un parc. Nous avons failli tomber à de nombreuses reprises. Ici la neige gèle et ça glisse ! C’est un quartier commercial et en même temps très recherché par les jeunes. Nous aurons marché 17 kilomètres. C’est plus dur avec mes inconvénients respiratoires car c’est moins plat que Toronto. Il y a une ambiance particulière dans cette ville. C’est hallucinant de croiser des gens en tenue de ski et d’autres en chemise ! Tout le monde gère ce grand froid à sa façon !

Nous allumons 3 bougies à la Basilique Notre-Dame.

Nous partons, il fait -18 aujourd’hui , nos Paragoose nous tiennent chaud. La ville est déserte.

Nous longeons le musée de l Holocauste et arrivons au Musée de la guerre. Un bâtiment gigantesque de plein pied . Nous commençons la visite avec une exposition sur les femmes artistes qui ont témoigné de leurs engagements et de la guerre. L armée leur commandait peu de tableaux et cette exposition est remarquable.  Nous commençons la visite par l an 1000 et la construction du Canada. Des guerres fratricides entre anglais et français.  1759 la bataille d Alabama à Québec ou les français perdirent le Canada en 30 minutes. Un film très intéressant avec 3 copains d origine différente, premier peuple,anglais,français commentent l histoire de leur pays. Un Canada impliqué sur toute la planète et dont 60 000 hommes périrent pour libérer notre pays en 1945.

Nous apprenons l internement de 22 000 canadiens japonais pendant la guerre et de tous les canadiens d origine allemande et autrichienne.  Le Canada considérant que tous,  hommes, femmes et enfants étaient un danger pour le pays. 

Nous sortons un peu étourdis par les bruits. On se croit sur un territoire en guerre.  Un Musée passionnant, très pédagogique sur l histoire du Canada à travers ses champs de bataille.

Nous marchons un dimanche à Ottawa par -18° mais où sont-ils ? Que font-ils le dimanche ? Il n’y a pas une ville souterraine comme à Toronto. Il y a seulement 2 lignes de métro et 200 bus. C’est une énigme ! C’est un réel plaisir ce froid et ce soleil. Nous sommes chanceux comme ils disent ! De gros pulls sous les parkas = même pas froid !

MONTREAL

C’est la principale ville du Québec. Il y a 1,7 million d’habitants. C’est la plus grande ville francophone d’Amérique. L’agglomération compte 4,1 million d’habitants. C’est un important pôle financier, de savoir, de culture et d’aéronautique. Le fondateur de montréal en 1642 hurent Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. La ville doit son nom à Mont Royal qui surplombe la ville. La ville est découpée en 19 arrondissements. 21 millions de voyageurs sont accueillis à l’aéroport. C’est à Montréal qu’a lieu le Grand Prix de Formule 1, le festival international du Jazz et le Festival Juste pour rire. Le fleuve St Laurent longe la ville. Même climat continental humide. Les forêts sont dominées par des érables à sucre. La population est jeune, 44% ont moins de 35 ans.

Nous avons mis 2 heures 30 d’Ottawa à Montréal en bus. Nous récupérons notre appartement Sonder dans le quartier historique de Montréal. Ce sont vraiment des appartements très confortables, grands et super bien décorés.

3 étoiles, 3 bougies pour nos petits-enfants qui nous suivent partout : Louise, Jules et Alice.

Nous découvrons la ville sous la neige, il fait -16° . Nous sommes bien couverts. Nous déambulons dans les rues jusqu’au Musée des Beaux-Arts. Les buildings sont moins harmonieux qu’à Toronto mais il y a une ambiance incroyable dans cette ville. Le moderne jouxte l’ancien et de ravissantes maisons Victoriennes. Le musée est une oeuvre d’art à l’intérieur comme tous les musées canadiens que nous avons fait. Le musée est tourné vers l’extérieur avec de grandes baies vitrées. Les oeuvres sont disparates. Nous retrouvons des Picasso, Vlaminck, Sisley, Renoir, Dali et des peintres américains. Le musée n’est pas très grand. Nous marchons dans le froid pendant 15 kilomètres. Il n’y a pas de signalétiques de magasins pour faire son marché. J’imagine que les habitants font leurs courses en périphérie.

Nous partons à la Basilique Notre-Dame de Montréal. Située sur une place magnifique et couverte d’étoiles multicolores. Elle a été fondée en 1824 et fut terminée en 1829. En 1982 elle est consacrée par le Pape Jean-Paul II et devient une basilique. C’est tout simplement magnifique. Les 2 messes tardives sont complètes et payantes. Nous optons pour la messe familiale de 19 heures et nous attendrons 1heure 30 dans le froid. Il fait – 15°.  » Soyez content nous dit l’agent de sécurité, il faisait -27° la semaine dernière ». Nous rentrons frigorifiés mais émerveillés par tant de beauté. C’est l’Archevêque de Montréal qui célèbre la messe. Il a les mots vrais, les mots plein d’humanité pour chacun d’entre nous. une crèche vivante raconte l’évangile. Tous les enfants présents viennent s’asseoir devant l’autel et il va leur raconter la signification de cette naissance, des couleurs de la fête, du rôle des bergers…Les enfants écoutent et il y a une ferveur palpable dans l’assemblée. Une voix extraordinaire d’une jeune femme remplit chacun d’entre nous. Il se passe quelque chose dans cette basilique pleine de croyants, de touristes du monde entier.

A la fin de la messe je remercie Monseigneur pour cette messe exceptionnelle qui remplit notre coeur et il me répond :  » Espérance, espérance ! ». Il a 80 ans et ce soir il a parlé à chacun d’entre nous.

Ce matin il y a un ciel bleu et soleil. Nous décidons d’aller au Mont Royal. C’est la colline qui surplombe Montréal. Nous passons devant l’école HEC Montréal puis l’université Mac Gill, les 2 écoles étant très cotées. C’est haut !!! et ma respiration difficile devant un obstacle de type escalier n’est pas évidente. On peut choisir la promenade circulaire mais nous optons pour les escaliers. Une fois parvenus au sommet nous avons une vue grandiose sur Montréal et le St Laurent.

La descente est compliquée car tout glisse ! Nous allons jusqu’à la rue Ste Catherine où sont implantées de nombreuses marques internationales. Il n’y a pas grand monde dans les rues et c’est un immense plaisir de déambuler dans une ville ainsi désertée. Aujourd’hui c’est Noël.

Après un stop à l’appartement nous partons pour le Vieux Port. C’est le coeur du quartier historique de Montréal. Une patinoire géante, la grande roue, un côté festif très sympa. On admire de superbes galeries et on repère les restaurants à essayer.

Il fait _12 aujourd hui. C est notre jeu chaque matin : quelle température ?! Depuis qu on a découvert-18 à  Ottawa on est paré pour le grand froid.

L’office de tourisme est fermé,  le marché Bonsecours aussi..

Dommage car il y a de nombreux touristes du monde entier. La ville, les bureaux sont déserts. Cela doit correspondre aux congés de Noël. Des complexes  énormes, de grands centres commerciaux   avec toute la street food du monde rassemblent les visiteurs .Partout dans la ville il y a des patinoires.  

C est une ville étrange, une grande ville à l atmosphère provinciale. Une ville cosmopolite et à l image de ses habitants très divers.

Les étudiants sont nombreux attirés par la renommée des écoles et des universités. 

Nous partons pour une soirée jazz dans le quartier Laval. Métro Montmorency. 

2 kms de marche. Il est 18h et on se croirait au milieu de la nuit

La Maison du Jazz perdue au milieu de nulle part. Des hôtesses moulées dans des robes noires… Une décoration des années 30 plutôt réussi mais…C’est une véritable arnaque. Le roi du divertissement québécois a créé ce dernier joujou. La première partie du spectacle : une bande son et un chanteur au demeurant sympathique qui propose de la variété : Brassens, Aznavour, Jacques Brel, Henri Salvador … On est très loin des standards du jazz. La nourriture est banale et très chère. Le spectacle est facturé 15 dollars. Nous devrons réclamer la monnaie de notre addition… Un Responsable nous demande combien on veut…  » juste notre monnaie »… les taxes étaient déjà comptées. Nous regardons les avis sur Trip advisor :  » surtout n’y allez pas ! ». Pour une fois on n’avait pas regardé !!! on a beaucoup ri !

Nous avons décidé de partir vers le nord en direction du marché Jean Talon. Il fait -12°, temps mitigé. Il va nous falloir 1 heure 30 et presque 8 kms pour y arriver. Nous longeons le quartier chinois puis une succession de restaurants, cafés et boutiques. Tous les pays de l’Anatolie en passant par la Hongrie, l’Asie, la France avec nos boulangeries Louise ou Ange et la meilleure charcuterie hébraïque Schwartz. J’essaierai de trouver des Bagels …mais ce sont plutôt des sandwichs…Nous arrivons vers le quartier Little Italy. Le Street Art est partout, certains sont plus réussis que d’autres. J’aime les villes, marcher dans une ville, m’imprégner de ces atmosphères de quartier, regarder les gens, admirer certaines façades…Comprendre comment ils vivent, ce qu’ils aiment, où ils vont …

Nous arrivons au marché Jean Talon qui est ouvert tous les jours.

Jean Talon était le premier intendant de la Nouvelle-France (1626-1694). Son père était Philippe Talon et sa mère Anne du Burry. Tiens comme nous Anne et Philippe !

Les frontons au-dessus des étals indiquent le lieu de la ferme. On ne se lasse pas de leurs accents. Des variétés de pommes à l’infini, des cranberries fraîches et sèches, tout le sirop d’érable du Canada en pot, bouteille, gâteaux et même les sucettes que j’adore ! Sucettes à l’érable qu’on appelle ici des Tire-neige.

Un stand de cuisine fait-maison  » La fournée des sucreries » nous attire : des tourtes aux légumes au poulet ou au saumon. Nous craquons pour le poulet, un gâteau au fromage et une tarte aux noix de Pécan. Nous mangeons sur le marché dans cette ambiance joyeuse. La tourte recouverte de pâte brisée est un délice : à l’intérieur des petits pois, des dés de haricots verts et des dés de poulet. Nous savourons nos desserts ! Nous avons notre Thermos de café et quelques clémentines. Un repas royal !

Nous repartons en changeant d’itinéraire par une rue parallèle au Boulevard St Laurent. Nous longeons des maisons aux escaliers extérieurs, la plupart sont en briques. Elles sont divisées en appartements. A Proximité du Parc Jeanne Mance, les maisons sont plus chics , c’est the place to be !

Jeanne Mance est née en 1606 et morte en 1673. C’est la pionnière de la Nouvelle-France et elle est considérée aujourd’hui comme la cofondatrice de Montréal avec Paul Chomedey de Maisonneuve. Elle fut la première infirmière laïque du Canada et est fêtée chaque année le 18 juin.

Son parc en dessous du Mont-Royal est top. J’ai serré un arbre dans mes bras pour prendre sa force et j’ai marché dans cette neige cotonneuse. C’était un moment magique pour des images incrustées dans notre mémoire.

Nous arrivons dans notre rue St Jacques et à 2 immeubles de notre appartement nous rentrons dans une ancienne Banque du Canada (siège en 1928 de la Banque royale du Canada) transformée en café au rez de Chaussée. C’est 360 rue St Jacques. Le rez de chaussée est resté dans son jus, on voit les guichets derrière le bar, c’est un endroit étonnant. Nous avons fait 25 000 pas aujourd’hui, presque 17 kms. Comme c’était presque plat, je n’ai pas trop souffert ! J’ai brûlé 900 calories, mon gâteau au fromage avec du chocolat, trop bon !

C’est une super promenade aller -retour en partant du vieux Montréal jusqu’au marché Talon à pied, évitez le métro ! Il est très pratique et très facile pour s’y retrouver mais une ville se savoure à pied, j’en suis convaincue !

Bizarrement il fait -7 et le ressenti est glacial ! Mais toujours bien couverts, seul le nez est un peu rouge.

Nous essayons de prendre une navette pour aller au Parc Rideau de l autre côté du fleuve St Laurent. Mais tout est gelé et rien ne fonctionne.

 Nous visitons le marché Bon Secours qui ne présente pas un intérêt majeur. C est une succession de boutique.  La salle de bal au premier étage et d autres salles sont fermées.  

Nous lisons sur Internet que la rue Wellington a été élue  » la rue la plus cool du monde  » par Time out. Elle se situe dans le quartier Verdun.

Les trottoirs sont glissants. On risque à chaque instant de se retrouver par terre. 

 Ne prenez jamais la rue Wellington au début !!! Pendant 8 kilomètres elle ne présente aucun intérêt..

Un train qui passe, un coin de containers. Un chien avec ses chaussettes, un street art sur une école…puis le coin des boutiques. 

Un grand magasin Face à Face qui vend des jeux de société et où les joueurs investissent de grandes tables. Une boulangerie Toledo où on a envie de tout, un super magasin de chapeaux où les moules sont exposés sur des étagères..

Et toujours des cafés, des restaurants…mais pas forcément attrayants. Pourquoi une rue Cool ? On n a pas compris

 Nous rentrons après 5 heures de.marche. 

C est le premier jour vraiment gris depuis le début du séjour.  Ce n est pas la même lumière.

Ce qu il faut retenir :

  Le St Laurent est impressionnant. Il est long de 1197 km et l’estuaire est le plus grand sur terre. C est une voie navigable très dangereuse. Il y a de nombreux courants multidirectionnels

La tour de l horloge  le long du St Laurent

Elle a été construite en 1921/1922 pour commémorer les marins de la marine marchande morts en 1914/1918. Le mécanisme de l horloge est le même que l horloge du Big Ben à Londres.

Le long du Vieux Port la statue de John Young. Un riche homme d affaires , marchand et Commissaire du Havre de 1853 à  1866 .Il a beaucoup fait pour le port de Montréal.  Écossais, il est arrivé à 19 ans à  Montréal . Il réussit dans l import/export de marchandises . Il était visionnaire et a largement contribué à la renommée du port de Montréal et à  son développement. La statue à été érigée en 1908

La place Jacques Cartier dans le Vieux Montréal 

Nous traversons cette place. Il fut le premier européen à remonter le fleuve St Laurent jusqu à Montréal. En 1847 cette place centrale et piétonne porte son nom.

Le mot du jour : débarbouillettes pour bébés ! adorable non ?

Il fait 0° aujourd’hui mais le brouillard est tombé sur Montréal puis la pluie. Nous décidons d aller dans le quartier Westmount qui se trouve derrière le Mont Royal pour visiter l oratoire St Joseph.

La côte est rude…surtout avec un syndrome d hyperventilation ! Le Canada tout entier a du m entendre respirer !

Nous faisons une pause technique pour enlever un pull. Trop chaud aujourd hui !

Nous arrivons à  l Oratoire

Dans la crypte une messe en espagnol, c’est toute l’Amérique latine qui chante. Après Notre Dame de Montréal, c’est la deuxième que je ressens une telle ferveur. Cet oratoire est habité par un Saint : Saint André Bessette qui a été canonisé par le Pape Benoît XVI le dimanche 17 octobre 2010.

C’est l’histoire d’Alfred Bessette né le 9 août 1845 au Québec. Ils sont 12 enfants. Son père meurt tragiquement, écrasé sous un arbre. Sa mère est emportée par la tuberculose 2 ans plus tard. Alfred a 12 ans. il ira vivre avec ses frères et soeurs chez son oncle et sa tante à St Césaire. Il est persuadé que « Dieu est bon ».

Il exercera plusieurs métiers comme cordonnier, forgeron, boulanger…puis partira aux Etats-Unis où les nouvelles usines textiles embauchent. Il revient à St Césaire en 1867 et continue de prier. L’abbé de la paroisse le recommande aux religieux de Ste Croix en leur disant : « Je vous envoie un saint ».

En prenant l’habit religieux il devient Frère André. Il accompagne les visiteurs au Collège Notre-Dame puis devient jardinier, infirmier…et aide à soigner des malades. Il prie pour eux St Joseph qui vient en aide aux malades et aux familles.

Pour honorer St Joseph on construit un oratoire, une minuscule chapelle, érigée à flanc de montagne en 1904. La réputation de Frère André est telle que la chapelle est trop petite. Des travaux d’agrandissement sont réalisés en 1908 . On crée une crypte pouvant accueillir 1000 personnes. En 1917 les pèlerins sont enfin accueillis dans ce vaste oratoire. A 91 ans le 6 janvier 1937 Frère André meurt.

Sa Sainteté sera reconnue et cet Oratoire est devenu un lieu important de pèlerinage. A ses amis qui s’inquiétaient de sa disparition, Frère André répondait :  » Au ciel, je serai plus proche de Dieu et j’aurai plus de pouvoir pour vous aider ».

Il fait triste dehors, la pluie s’est mise à tomber mais j’aperçois un mot dans la crypte : espérance.  » Rarement, j’ai trouvé quelqu’un qui soit venu à l’Oratoire, sans en repartir meilleur » disait Saint André Bessette.

Je ne sais pas si nous sommes meilleurs mais cette visite remplit l’âme .

C’était notre dernière journée à Montréal. Une ville formidable que nous avons savouré pendant une semaine.

Nous quittons Montréal sous la pluie. Grâce à des souterrains nous arrivons à proximité de la gare.

La notion de service est incroyable au Canada !! On nous donne une zone de pré embarquement. Nous sommes divisées en 3 groupes. Sur le quai un contrôleur pour chaque voiture.  Aucun souci pour les bagages, il y a des casiers partout. 

Nous sommes dans la zone emergency. Dans chaque wagon il y a un préposé.  Ce sera Philippe. On lui explique comment casser la vitre pour une évacuation  si nécessaire…et comment casser la porte d entrée du wagon…si nécessaire…

Le train est vieux mais très confortable 

Nous avons 5 heures de trajet. Le train va s arrêter 4 fois et nous longerons le lac d Ontario. C’est le plus petit des 5 lacs d’Amérique du nord. Il s’étend sur 18 000 Km2, il est alimenté par le Niagara et il est situé à la frontière des Etats-Unis. C’est un lac d’eau douce avec 158 variétés de poissons. L’été il sert de pompe à chaleur pour assurer les climatisations des immeubles de bureaux et des habitants.

Il y a de la mélancolie dans l air. Un incroyable voyage qui va prendre fin. Vivement la prochaine destination !!!

Nous allons rejoindre l hôtel par des voiess souterraines. 30 kms de voies souterraines sous Toronto ! 200 000 Torontois utilisent ces « path » pour atteindre le centre-ville. Ces longs couloirs sont bordés de boutiques et de restaurants.

Nous arrivons à l’hôtel. L’accueil au Desk est remarquable » Do you need mineral water ? », des sourires, une attention de tous les instants. Français réveillez-vous ! On a des progrès à faire avec la relation-client !! Une suite pour notre dernière nuit très confortable. Et comme toujours depuis le début du voyage, très bien placée.

Dernière soirée dans le « old town  » de Toronto. Nous passons à côté du Flat iron, un immeuble en forme de fer à repasser, il y a le même à New-York. Le marché est fermé. Toronto est une ville plus habitée que Montréal. Il y a une vie nocturne et les magasins type hypermarchés restent ouvert tard. Nous avons vu peu d’hypermarchés dans Montréal.

Dernière matinée à Toronto. Nous partons en direction de la distillerie créée en 1832 par James Worts et William Gooderham. En 1914/18 elle sera transformée en industrie de guerre pour de la poudre à canon. En 1957 elle arrête la production de whisky pour du rhum et de l’alcool industriel. En 1990 elle ferme définitivement. Il reste ces magnifiques bâtiments transformés en boutiques et restaurants.

Nous enchaînons avec le marché St Lawrence, un site patrimonial. Un marché qui existe depuis 1803. On y mange, on achète des denrées alimentaires. Il règne une atmosphère joyeuse.

Nous terminons notre périple par une pizza à côté du Flatiron. Nous prenons un train pour l’aéroport plein de nostalgie pour ce voyage qui nous a tant apporté.

Nous rentrons remplis de souvenirs, d’images, de lieux, d’histoires, de rencontres.

Un super voyage ! On réfléchit déjà au prochain…

Bonne année 2025 à tous !!

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